- C'est justement ça, dit Dortmunder. Moi, j'ai l'impression qu'il faut pas tenter le diable. On vous a fait deux coups pour le prix d'un seul, en fin de compte. On peut pas continuer comme ça éternellement à prendre des places d'assaut. La chance va forcément tourner contre nous, tôt ou tard. - La chance? dit le commandant. Mais ça n'est pas grâce à la chance que vous avez réussi, monsieur Dortmunder; c'est grâce à votre habileté, votre sens de l'organisation, votre expérience. Vous êtes toujours aussi habile, capable de vous organiser tout aussi bien que pour l'affaire de la nuit dernière, et vous avez encore plus d'expérience. - C'est une impression qui m'est venue, dit Dortmunder. ça devient comme un de ces rêves où on n'arrête pas de courir le long du même couloir sans jamais arriver nulle part. Pierre qui brûle , p.97/98
Retour- Oui ou non? - Non! - Ne quittez pas... Parker posa le téléphone et fit le tour du bureau. M. Carter le regardait en battant des paupières, puis il plongea vers le tiroir central. Il réussit à l'ouvrir mais Parker fut le premier à empoigner le révolver. M. Carter se hissa sur sa chaise pour essayer de le lui arracher, mais Parker le lui enfonça dans le ventre pour étouffer la détonation. Il tira; le corps de Carter glissa contre le sien, faillit retomber en arrière sur sa chaise, puis s'abattit sur le plancher après s'être cogné la tête contre le bureau. Parker posa son arme et prit le téléphone: - Et voilà, dit-il, il est mort. J'ai votre nom et votre numéro de téléphone. Dans cinq minutes je saurai votre adresse et dans vingt-quatre heures je vous tombe sur le poil. Oui ou non? - Dans vingt-quatre heures, vous serez mort. Un homme seul ne peut pas braver l'Organisation. - A bientôt, dit Parker. Comme une fleur , p.152
Les deux parties que Wayne regardait étaient inégales, du fait que les deux types de gauche étaient beaucoup plus entraînés et habiles que ceux de droite. Tous luttaient, tous se battaient, mais les types de gauche se déplaçaient avec une élégance rapide et âpre, comme des danseurs doublés de lutteurs, tandis que les types de droite commettaient des erreurs, étaient imprécis, perdaient parfois l'équilibre et n'étaient jamais assez rapides pour profiter des maladresses de leur adversaire. Ils évoquaient une parodie du premier groupe, mais ils étaient tout aussi sérieux, tout aussi concentrés, tout aussi déterminés. Et ils s'amusaient sûrement tout autant, ce qui était, après tout, l'essentiel. Le un contre un n'est pas un sport d'équipe, et ce n'est pas davantage un sport destiné aux spectateurs; c'est un jeu pour les joueurs. Tandis qu'il regardait les deux parties, Wayne perçut en lui, la réapparition de la démangeaison de le fiction, comme s'il avait terminé L'Ombre de l'autre et était prêt à se lancer dans une nouvelle intrigue, à entrer dans un nouvel univers imaginaire. Le Contrat , p.241/242
Je ne suis pas un tueur. Je ne suis pas un assassin, je ne l'ai jamais été, je ne veux pas être une chose pareille, vide, sans âme et sans pitié. Ce n'est pas moi, ça. Ce que je fais en ce moment, j'y ai été contraint, par la logique des événements: la logique des actionnaires, la logique des cadres, la logique du marché, et la logique des effectifs, et la logique du millénaire, et pour finir ma propre logique. Montrez-moi une autre solution, et je l'adopterai. Ce que je fais en ce moment est horrible, difficile, effrayant, mais je dois sauver ma propre vie. Si je tue le petit ami, ce sera différent. Pas à proprement parler anodin, mais normal . Comme si tuer était devenu une réaction normale pour moi, une de mes façons de régler les problèmes. C'est simple: j'assassine un être humain. La facilité tranquille avec laquelle cette pensée m'était venue - le tuer, pourquoi pas - est ce qu'il y a d'effrayant, ce qui me fait peur. Je recèle un homme dangereux et armé, un tueur impitoyable, un monstre, et il est à l'intérieur de moi. Le Couperet , p.167
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